La Montagne - Glyphosate : que faut-il savoir sur cet herbicide en Auvergne ?

Retrouvez l'article de la Montagne sur la question ci-dessous.

" L'Europe vient d'accorder cinq ans de sursis au glyphosate : un herbicide controversé mais encore très utilisé. Cinq points pour comprendre en quoi cela nous concerne en Auvergne."

 

Publié le 28/11/2017 à 16h46

 

1. Cinq ans pour en finir : le contexte général

Controversé sur la base d’études qui dénoncent sa dangerosité pour l’homme et diverses espèces animales l’ingrédient actif du Roundup a obtenu, lundi, le renouvellement de sa licence en Europe pour cinq ans. Deux manières d’accueillir cette décision. C’est une déception pour les lanceurs d’alertes et la France qui avaient refusé de le réautoriser plus de trois ans. Mais c’est aussi la fin d'un usage pour le monde agricole condamné à construire des alternatives économiquement viables à brève échéance. Et en Auvergne, le glyphosate est encore très utilisé.

 

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2. En Auvergne : la molécule la plus retrouvée dans les rivières auvergnates

 

Les produits phytosanitaires, donc le glyphosate et ses molécules de dégradation, sont suivis en Auvergne dans le cadre du plan Ecophyto, dont les résultats devaient être publiés sous peu. La Fédération de la région Auvergne chargée de la nature et de l’environnement (Frane) a toutefois accepté d’en livrer les grandes lignes à La Montagne.

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En 2016, l’AMPA, principal produit de dégradation du glyphosate, reste la molécule la plus retrouvée dans les rivières auvergnates. Le glyphosate en 2e position.

Le glyphosate est lui même présent dans 55 % des analyses…  Et la Frane annonce des chiffres plus lourds en Auvergne que pour le côté Rhône-Alpes.

« En 2016, en Auvergne, le glyphosate est présent dans 55 % des analyses… 80 % des quantifications sur l’eau de rivières concernent un herbicide, dont le glyphosate. »

Frane

« Du côté du contrôle sanitaire en 2016 en Auvergne : l’AMPA est la 5e molécule la plus retrouvée dans l’eau de consommation (le glyphosate est la 8e). On les retrouve dans un peu moins de 10 % des analyses réalisées. »

 

3. Santé : des scientifiques Auvergnats montent au créneau

Le Groupe scientifique de réflexion et d’Information pour un Développement Durable (GREFFE), groupe de scientifiques originaires de la région Auvergne, a pris position contre la réautorisaiton du glyphosate. 

 

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"De nombreuses études montrent un lien direct entre le glyphosate et certains cancers... La conclusion du Centre International de recherche sur le cancer fait du glyphosate un cancérogène très probable. D’autres pathologies ont été observées chez des personnes exposées au glyphosate, des malformations et des cas d’autisme chez des enfants nés de femmes enceintes exposées au « Roundup » et autres dérivés du glyphosate. Des cas de leucémies ont également été rapportés".

 

"Le glyphosate perturbe gravement la physiologie d’êtres vivants très divers"

Greffe (Groupe scientifique de réflexion et d'information
en Auvergne)


"Plusieurs publications scientifiques, montrent que le glyphosate perturbe gravement la physiologie d’êtres vivants très divers : souris, truite, champignons du sol, cellules humaines en culture. Un des produits de dégradation du glyphosate, l’acide amino-méthyl-phosphonique (AMPA), présente une toxicité plus grande que le produit d’origine."

Vice président du Greffe, Gérard Fonty dénonce la puissance des lobbies derrière cette autorisation à cinq ans : "On sait maintenant qu’il existe des méthodes alternatives à son usage dans l’agriculture. Dans cinq ans la situation sera plus grave et cela coûtera plus cher de résoudre le problème."

 

4. Usage et marché en Auvergne

« Le glyphosate est un herbicide total (non spécifique), donc toxique pour toute la flore et la faune, dont l’Homme », s’inquiète la Frane !

Les collectivités ont été contraintes de limiter son usage à travers le plan Ecophyto II, qui vise la réduction de 25 % du recours aux produits phytopharmaceutiques en France à l’horizon 2020 et de 50 % à l’horizon 2025. Mais l’association estime que « les quantités de produits vendues en Auvergne et les concentrations retrouvées dans le milieu naturel ne s’améliorent pas ». « Des chartes sont possibles avec les jardineries ou les collectivités mais ce sont les usages agricoles qui sont les plus importants », insiste la Frane.

 

4. Une date butoir attendue pour la Chambre d'agriculture

Dans le monde agricole, la décision est avant tout perçue comme "une décision d’arrêt à court terme". Le président de la Chambre d’agriculture du Puy-de-Dôme, Sébastien Gardette, prend acte d’un arrêt "qui était attendu dans un contexte général de réduction des produits phytosanitaires".

"Le parti pris par la France était clair ; maintenant, nous avons un cadre. Il va être important de travailler sur les pratiques et modalités techniques qui vont permettre de travailler sans le glyphosate."

Le président puydômois rappelle que des expérimentations sont déjà menées. "Nous ne sommes pas parmi les régions qui utilisent le plus, de glyphosate. Et nous ne sommes pas, en Europe, dans une situation d’agriculture dépendante au glyphosate." 

 

Anne Bourges

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