Cri d'alarme pour la biodiversité : Passons du discours aux actes !

Les gestionnaires d’espaces protégés attendent un Plan Biodiversité ambitieux du Gouvernement et du Ministre d’Etat Nicolas Hulot.
 
Année après année, les constats se suivent et se ressemblent : l’érosion de la biodiversité ne cesse de se poursuivre. Le nombre d’oiseaux diminue de façon catastrophique d’après une étude du Muséum national d’histoire naturelle. Logique quand une autre étude révèle que le nombre d’insectes a lui aussi diminué de façon drastique. Dans le même temps, l’artificialisation des sols continue malgré toutes les annonces, lois et mesures prises. Encore 55000 ha de terres agricoles et d’espaces naturels perdus en 2016, 590000 en dix ans ! L’équivalent d’un département moyen...
 
Pourtant, qui aujourd’hui ne reconnaît pas la nature comme un enjeu majeur, tant localement que mondialement ? Qui n’a pas compris que la nature est à la source de toutes nos ressources qu’elle est nourricière, qu’elle fait nos paysages, nos terroirs, qu’elle constitue un lien social fondamental ?
 
Les réponses publiques semblent inopérantes et surtout incohérentes.
À peine créée, l’Agence française de la Biodiversité voit déjà ses moyens réduits comme ceux des Agences de l’eau, des Parcs nationaux, des Parcs naturels régionaux, des Réserves naturelles, des Conservatoires d’espaces naturels, du Conservatoire du Littoral, des collectivités de Rivages de France... Autant de forces déployées, de compétences mobilisables, d’acteurs expérimentés, déjà reconnus dans les territoires.
Et pourtant :
-Un décret de décembre 2017 autorise les préfets de certains départements à déroger aux nomes en matière d’urbanisme et d’environnement !
-Le projet de loi Elan veut faciliter la création de logement mais cette belle cause se sert de la dérèglementation pour libéraliser encore plus l’urbanisme commercial et accélérer l’artificialisation.
-Le Sénat vient d’adopter une proposition de loi relative au développement durable des territoires littoraux. Son objectif : libéraliser l’urbanisme sur le littoral sous couvert d’adaptation aux changements climatiques...
 
Face à l’urgence, les belles déclarations ne manquent pas, les actes si !
S’ils s’étonnent et déplorent de ne pas être associés à sa rédaction, les gestionnaires d’espaces protégés réclament la publication rapide du plan national pour la Biodiversité. Celle-ci doit être déclarée cause nationale avec une véritable stratégie pour l’intégrer à toutes les politiques publiques en matière économique, social, culturelle ou éducative et être dotée de moyens financiers à la hauteur des enjeux.
Un plan de communication national doit accompagner cette mobilisation. Nos concitoyens se considèrent encore trop souvent si peu ou si mal concernés par la dégradation de leur environnement. Et ces politiques doivent être cohérentes. La simplification ne doit pas dissimuler des atteintes à l’environnement. Doit-on rappeler le principe de non-régression inscrit dans la loi sur la biodiversité de 2016 ?
 
Enfin, l’agro écologie doit remplacer progressivement le modèle agricole actuel. Parce qu’une agriculture respectueuse de la biodiversité peut parfaitement nourrir les bientôt huit milliards de terriens. Cette mutation indispensable doit être menée avec une énergie farouche, au plus près des agriculteurs.
 
Les gestionnaires d’espaces naturels sont prêts à prendre toute leur part dans ce grand chantier. Et pour cause, l’avenir de notre planète, la vie et la santé de ses habitants en dépendent.

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