Une catastrophe en Auvergne !

 Le 13 février 2015 la retenue d’eau (ouvrage hydroélectrique) de La Bourboule s’est brusquement vidée, suite à un dysfonctionnement majeur.

 

Cette vidange a entrainé des milliers de m3 de boue dans le lit de la Dordogne. L’eau et la boue sont arrivés au barrage de St Sauves, faisant déborder cette seconde retenue. De l’eau boueuse a continué son chemin jusqu’à Bort les orgues.

Cette vidange inopinée serait due au fait que la vanne de vidange était bloquée en position ouverte, faute d’avoir pu être accessible, enfouie sous plus de 10 mètres de sédiments. Il sera donc important de connaître mieux les circonstances de cette catastrophe.

Pour l’heure les gorges d’Avéze offrent un triste spectacle. Les pêcheurs ont déploré la perte de leurs poissons, mais c’est tout un écosystème fragile qui a été détruit sur de nombreux km. Cet écosystème n’est malheureusement pas prêt de se reconstituer.

Cette catastrophe est l’occasion de rappeler que les barrages dont on a beaucoup vanté les intérêts : stockage de l’eau pour les besoins des villes et de l’agriculture, production d’électricité, …, présentent quelques inconvénients majeurs : ils bloquent les sédiments qui descendent naturellement le long des rivières, ils bloquent les déplacements des poissons et autres animaux liés aux rivières, ils stockent de nombreux polluants, soit dans les boues (voir le barrage de Sauviat), soit dans l’eau captive (voir les barrages dont les eaux se remplissent d’algues !).

Dans un livre récent, F. Ramade nous rappelle que le sort de nombreux barrages est leur envasement. Ce phénomène est rapide dans les régions sujettes à l’érosion, mais en fait il est présent quasi partout. Il en résulte qu’au bout de quelques dizaines d’années de nombreux réservoirs sont ou seront envasés et verront leur rôle actuel très diminué : moins d’eau stocké, production d’électricité plus étalée. Ainsi non seulement les sédiments utiles aux rivières sont arrêtés, mais leur gestion est ensuite tout à fait problématique. Les volumes de sédiments stockés sont tels qu’on ne peut quasiment rien en faire, surtout s’ils contiennent des polluants toxiques !

La catastrophe de la Bourboule vient ainsi nous rappeler que les actions humaines réservent toujours des (mauvaises) surprises, faute d’une prise en compte correcte des effets négatifs de ces actions.

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