L’Allier : une rivière dont il faut préserver la dynamique !

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Véritable colonne vertébrale de l’Auvergne, la rivière Allier compte parmi les dernières rivières sauvages d’Europe dignes de ce nom. Pourquoi ? Parce que l’Allier est une rivière vivante et libre qui possède une dynamique fluviale encore active dont découle l’ensemble des ses richesses paysagères, naturelles et l’importante ressource en eau qu’elle représente.

 

Vous avez dit dynamique ?

 

Une rivière vivante et active n’est pas un canal ! Elle n’est jamais naturellement figée dans ses berges mais bouge, divague… Cette mobilité, la rivière l’exprime en érodant ses berges. Elle arrache alors des alluvions (sables, galets, graviers…) qu’elle transporte et dépose en aval. L’ensemble de ces processus : érosion, transport et sédimentation, constitue la dynamique fluviale, clé fondamentale du fonctionnement du cours d’eau.

 

 

Cette dynamique est régie par les apports solides (les sédiments ayant pour origine les versants, les affluents, ou encore ceux arrachés par la rivière à ses berges) et par les apports liquides (précipitations, ruissellement, apports des affluents…) au cours d’eau.

 

Allier vu du ciel 

D’autres paramètres interviennent également comme la pente de la rivière et surtout la nature des sédiments de ses berges et de son lit qui conditionne leur érodabilité. Plus la pente est forte et plus la vitesse du courant est accrue. L’énergie de la rivière est alors telle qu’elle l’évacue en érodant ses berges et en charriant sa charge solide. L’érosion est d’autant plus facile et importante que les sédiments sont meubles et friables.

 

Les crues sont également une composante majeure de la dynamique fluviale. En effet, bien qu’occasionnelles, elles sont un puissant vecteur d’érosion des berges : la hauteur et les volumes d’eau étant considérablement augmentés lors d’une crue et la vitesse du courant découplée, l’érosion est amplifiée.

 

La géologie et l’hydrologie influent donc sur la dynamique fluviale. Apports liquides et solides varient énormément dans le temps et dans l’espace. La rivière adapte en permanence sa morphologie, son tracé, à ces fluctuations. La dynamique n’est donc pas la même en tout lieu et en tout temps…

 

 Dessin plaine alluvialedessin Philippe Coque
 

La plaine alluviale : lieu d’expression de la dynamique fluviale

 

La plaine alluviale est constituée des sables, graviers et galets… que l’Allier déposa principalement lors de la fonte des glaciers à l’issue des périodes glaciaires de l’époque quaternaire.

Cette plaine, large de 1 à 4 km, correspond le plus souvent au lit majeur du cours d’eau, c'est-à-dire au lit qui reçoit les crues les plus fortes. Autrement dit, il s’agit généralement de la zone inondable, champ d’expansion où l’eau s’étale et s’infiltre, permettant d’amortir les crues à l’aval. On la dénomme donc aussi plaine inondable.

Dans la plaine alluviale, qui débute à Vieille-Brioude (43) et se développe plus largement à l’aval de Pont-du-Château (63), les berges, constituées d’alluvions, sont très friables. C’est là que la dynamique fluviale s’exprime, l’Allier pouvant divaguer dans l’ensemble de cette plaine… quand l’Homme le laisse faire.

 

Evolution du tracé de l’Allier à Châtel-de-Neuvre (03) entre 1884 et 1998.

Le méandre : produit de la dynamique fluviale

 

La rivière migre latéralement en érodant sa rive externe (rive concave) où le courant est le plus vif. Elle abandonne sur sa rive opposée (rive convexe), qui constitue une zone plus clame et donc favorable au dépôt, les sédiments ainsi prélevés. Le chenal se déplace ainsi vers la rive concave et vers l’aval, créant un méandre. La rivière allonge de ce fait son tracé. Elle combine habilement érosion et dépôt pour augmenter l’amplitude des méandres et les déplacer vers l’aval.

Le méandre n’a qu’une durée de vie limitée à quelques décennies. Lorsqu’il est trop ample, trop long, l’Allier le raccourcit progressivement ou le recoupe brutalement lors d’une crue. Le chenal ainsi abandonné devient alors un bras… mort.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Evolution du tracé de l’Allier à Châtel-de-Neuvre (03) entre 1884 et 1998. Carte CEPA

 

 

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