La FRANE revient sur la crue de 1866

A l'occasion du reportage sur la commémoration de la crue dévastatrice d'octobre 1866 (vidéo ici), la FRANE a été interviewée par l'Etablissement Public Loire.

Aussi simples qu'évidents, les arguments de la FRANE ne sont pourtant pas toujours pris en compte par les acteurs du territoire dans les aménagements d'aujourd'hui.

Retour sur notre vision de la gestion du Risque Inondation en 5 questions.

 

 

150 ans après la crue de 1866, en quoi le maintien de la mémoire et de la conscience du risque inondation vous paraît-il nécessaire ?

 

A l'évidence et aussi désastreuses qu'elles puissent être, l'Homme a tendance à oublier les évènements de crues. L’oubli des crues majeures nous a conduits à nous exposer davantage au risque d’inondation en occupant les zones inondables.

Il faut bien comprendre que si on ne peut les arrêter par la multiplication d’infrastructures (poudre aux yeux, couteux et destructeurs de l’environnement naturel que sont les barrages écrêteurs, dragage, endiguements), on peut les aggraver.

 

 En quoi, selon vous, le risque inondation constitue-t-il aujourd’hui un risque majeur à l’échelle du bassin de la Loire ?

 

Il constituera un risque majeur tant que les décideurs s’obstinent à penser et faire croire que les aménagements nous protégerons alors que les digues et cie ne règlent pas le problème mais le déplacent voire les aggravent.

Soyons logique et cohérents. Gardons notre bon sens et n’essayons pas d’aller à contre-courant au risque d’y perdre beaucoup. D’autant plus dans un contexte de changement climatique qui risque de venir perturber la dynamique.

 

 Comment sensibiliser la population au risque inondation ?

 

A notre sens, il est d'abord indispensable d'expliquer le fonctionnement d’une rivière, les enjeux à la conserver la plus naturelle possible, les bienfaits et impacts si l’homme essaye de la dompter.

Si on veut que les messages passent, il faut aussi simplifier les documents et rendre plus accessible et compréhensible de tous les documents de référence pour la gestion de l'eau.

Plus concrètement, cela passe aussi par la pose des repères de crues (plus hautes eaux connues, règles le long du cours d’eau, disposées à l’intérieur de toutes les surfaces submersibles qu’elles soient urbanisées ou non) indiquant le sens et la vitesse du courant.

Au-delà de la considération de notre environnement, il en va de la sécurité de la population.

 

Les crues sont-elles utiles ?

Plus qu'utiles, elles sont naturelles et indispensables sur 3 plans:

- Les crues alimentent la ressource en eau. Du fait du débit important, les fonds sont décolmatés et permettent d'améliorer les échanges avec la nappe qui accompagne souvent les rivières. Ainsi, le volume d'eau s'en trouve rechargé.

- Les crues fertilisent les terres. Cette pratique était très utilisée utilisé auparavant puisque l'apport de mélange de sédiments, de matières organiques et minérales, va permettre de fertiliser les sols.

- Les crues régénèrent la rivière et contribuent à la biodiversité. Certains milieux, normalement déconnectés des rivières, se retrouvent à nouveau en eau lors des périodes de crues. L'arrivée d'eau en quantité et les débits présents vont remanier les milieux pour créer une nouvelle diversité et mosaïque d'habitats.

Vous remarquerez que l'on voit rarement autant de richesse et de diversité autour d’un canal qu’à proximité d’une rivière préservée des aménagements de l’Homme.

 

En zone alluviale l'emprise territoriale des crues est à peu de chose près la même que celle de l'espace de mobilité fluviale. La mobilité est garante du maintien à niveau des nappes latérales. Ainsi les crues maintiennent les occupations humaines à l'écart et contribuent au maintien en largeur de l'espace de mobilité et à la préservation de la ressource en eau.

Pour l'Allier la zone inondable fait quelques kilomètres de large et jusqu'à 10 kilomètres sur certains tronçons.

 

Selon vous, faut-il accentuer les politiques de gestion du risque inondation ? Sur quels volets ? Prévision, prévention, protection

 

Tous les angles peuvent être abordés mais le plus efficace et rentable concerne surtout la prévention.

Pour cela, il est indispensable que les moyens et actions mises en oeuvre soient à la hauteur des ambitions.

Pour cela, il est important d'arrêter d’exploiter le lit des cours d’eau (extraction) ou d'aménager les abords des rivières.

Cela doit se faire avec une cohérence dans le temps et dans l’espace : actions sur le long terme en instaurant une solidarité/responsabilité amont-aval.

 

La cartographie (à échelle lisible) des crues exceptionnelles serait à afficher dans les mairies et services du cadastre.

Ça devrait être une obligation légale pour les collectivités.

Les crues de l'Allier au 19 iéme siècle approchaient 4 000 m3/s; il faut savoir que celle de 1790 a été estimée autour de 7 000m3/s par le préfet de l'époque.

 

Plus d'infos sur:

- l'exposition sur les crues de la rivière Allier;

- l'Allier, une rivière dont il faut préserver la dynamique;

- le positionnement de la FRANE sur la gestion de l'eau en Auvergne.

 

Utilité des crues

En zone alluviale l'emprise territoriale des crues est à peu de chose près la même que celle de l'espace de mobilité fluviale. La mobilité est garante du maintien à niveau des nappes latérales. Ainsi les crues maintiennent les occupations humaines à l'écart et contribuent au maintien en largeur de l'espace de mobilité et à la préservation de la ressource en eau.

Pour l'Allier la zone inondable fait quelques kilomètres de large et jusqu'à 10 kilomètres sur certains tronçons.

 

Pour les dernières inondations en bassin parisien, ce n'est pas en millions mais en milliards que se chiffre le coût de réparation des dégâts.

Dans bien des cas, mieux vaudrait ne pas reconstruire au même endroit car la crue se reproduira.

 

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