AVIS de la FRANE sur le projet de SRCAE :

Sommaire

II - Le document d’orientation

 

1-Bâtiments

 

Les objectifs sont ambitieux mais sont-ils réalistes ? 

En se basant surtout sur le volontariat et l'information, il n'est pas certain que les objectifs proposés soient atteints.

Cette impression vaut pour tous les chapitres.

 

Il faut prévoir un état annuel des progrès dans ce domaine. Pourquoi ne pas intégrer les effets « positifs » de l’augmentation prévisibles des températures hivernales ? Chiffrer mieux les coûts par habitant pour voir si les propositions sont atteignables. Y intégrer des scénarios concernant l’augmentation du coût de l’énergie. Bref  les propositions sont intéressantes, mais à approfondir encore un peu car tout est prévu comme si le contexte était immuable.

 

Par ailleurs l’aide publique aux travaux de rénovation ne peut être assurée qu’en diminuant d’autres dépenses d’équipement pour que les collectivités puissent y contribuer sans augmenter la globalité de leurs dépenses et recettes.

Le recours à l’emprunt bancaire n’est pas sans risque car il est une des causes de la crise actuelle.

 

En analysant le document on constatent que les bâtiments (résidentiel, tertiaire) représentent 76% des objectifs de réduction de la consommation d’énergie (contre 14% pour l’industrie, 8% pour les transports et 2% pour l’agriculture)

 

Le schéma doit viser explicitement la réduction du chauffage électrique non autonome dont les pertes en ligne sont importantes. Ce type de chauffage se révèle inapte à faire face à des épisodes de froid rigoureux.

 

Pour le résidentiel et le tertiaire les documents d’orientation font apparaitre un potentiel de réduction de GES de 60% et un objectif de 39% pour 2020.

(L’objectif pour 2050 étant le facteur 4 : diviser par 4 les émissions de GES)

Pour ce faire, en 2020 en matière de production d’énergie, on table sur le développement des énergies renouvelables, essentiellement le bois énergie (55,7%) et l’éolien (17,2%) plus l’hydro électricité (21.8%, production maintenue à son niveau actuel)  soit un total de 94,7%, le reste relevant du photovoltaïque, de la méthanisation, de la biomasse et du solaire thermique et de la géothermie.

 

-          Résidentiel :

En ce qui concerne les consommations d’énergie la loi Grenelle  fixe un objectif de 38% de réduction entre 2008 et 2020.

Si les travaux d’amélioration énergétique se poursuivaient au niveau actuel on arriverait à 6,7%.

 

On est donc très loin des objectifs. Le rapport d’orientation préconise des travaux beaucoup plus importants mais surtout beaucoup plus efficaces.

D’où, deux nécessités pour les propriétaires : être bien conseillés et avoir les appuis financiers nécessaires. Et c’est bien là où le bât blesse. Les aides de l’état au titre des crédits d’impôts ont toujours été un moteur essentiel pour inciter à investir sur ce poste. Or de façon à peu près constante ces dernières années, les taux ont régulièrement baissé (- 15% en moyenne pour 2012) ce qui équivaut à une disparition sur certains postes (parois vitrées par exemple). Quant aux taux bancaires, ils repartent à la hausse après une assez longue période de stabilité. On voit donc difficilement comment les dépenses d’améliorations pourraient être plus que triplées (7.4 milliards au lieu de 2.2) par rapport aux moyennes actuelles.

Il ne faut guère espérer que les collectivités locales soient en mesure de prendre le relais dans la conjoncture actuelle.

Par expérience nous savons que dans le bâti existant, les mesures les plus efficaces pour un coût le moins élevé : isolation des combles, étanchéité des ouvertures, amélioration des organes de production de régulation, calorifuge ou étanchéité des ouvertures, chauffage d’appoint au bois (pour les individuels) sont celles qui ont souvent déjà été réalisées.  Au-delà, il faut prévoir des travaux beaucoup plus lourds (remplacement des ouvertures et des fermetures, isolation des parois opaques, remplacement complet de la production d’énergie par exemple)

Dans le logement neuf, toutes ces contraintes sont pour l’essentiel déjà intégrées, mais le rythme de production de ces logements n’est pas en mesure d’influer de manière très significative sur les chiffres d’ensemble du bâti résidentiel.

Les autres observations (formation de personnel qualifié et recherche de nouveaux matériaux performants) ne sont pas une particularité locale et n’auront que peu d’influence directe d’ici 2020 sur le bâti ancien.

  

-          Tertiaire

Comprend les bâtiments publics, les zones d’activités (bureaux, surfaces de vente) et les grandes surfaces commerciales (responsables pour plus d’un tiers de l’accroissement des consommations de 10%  depuis 2002). L’ensemble représente 12% des consommations énergétiques régionales. L’électricité y est prépondérante (43%)

Répartition des consommations : Commerces : 27%, bureaux : 19% (dont la moitié administratifs), enseignement : 15%, santé et social : 15%.

Les bureaux et les équipements publics (sportifs, culturels et loisirs représentent le plus gros gisement d’économies

Solutions proposées : encourager les solutions de montages économiques et financiers pour encourager les collectivités à investir dans ces travaux.

Après diagnostic, rechercher des usages moins énergivores (régulations, éclairage, raccordement aux réseaux de chaleur biomasse)

Objectif pour 2020 : 38% d’économies d’énergie

Mise en œuvre : Communication, diagnostics groupés, montage de partenariats public/privé, éclairages plus économe etc.

 

Là encore il faudra une volonté de l’état et des collectivités locales pour engager dès maintenant dans leurs locaux existants, de gros travaux visant à économiser l’énergie qui le plus souvent ne sont réalisés que dans le cadre de grosses rénovations d’ensemble toujours sujettes à longs délais.

Les bureaux privés et les commerces n’y verront d’intérêt que si le temps de retour sur investissements le justifie ou s’ils y étaient contraints.

Noter un poste d’accroissement prévisible important des consommations. Le réchauffement climatique réduit la période d’enneigement naturel que les stations de ski compensent en multipliant les canons à neige très gourmands en eau et en électricité durant la période la plus délicate.

 

Conclusions

 

Dans les conditions actuelles, et à moins d’un changement important des conjonctures :

Soit un prix de l’énergie en très forte hausse et difficultés d’approvisionnement, soit une volonté très forte des pouvoirs publics, (ce qui ne parait pas être le souci primordial actuel en période de crise) il est peu probable que les objectifs de réduction des consommations et par voie de conséquence, des GES soient atteints en 2020.

Quant au facteur 4 de 2050 il est bien trop tôt pour donner un quelconque avis.

 

 

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