L’agriculture fait partie de la solution pour un air plus sain

Les 28 ministres européens se rencontrent à Bruxelles le 15 juin pour établir de nouvelles limites réglementaires de pollution de l’air dans le cadre de la directive NEC . Malheureusement, ils réclament des objectifs qui demeurent en deçà des enjeux. Première victime de ce manque d’ambition, les émissions du secteur agricole risquent de ne plus être prises en compte.


Un manque d’ambition patent

La directive NEC, actuellement révisée à Bruxelles, réglemente les niveaux de polluants que chaque Etat européen est autorisé à émettre et fixe des objectifs pour 2020, 2025 et 2030. Les Etats rechignent à se montrer ambitieux et parlent de réviser la manière dont sont fixés les objectifs de réduction, pour pouvoir les faire baisser.


L’histoire de la réglementation européenne sur l’air est pourtant un succès. Elle a permis de réduire de 50% les émissions des polluants dans l’air entre 2003 et 2012. Dans une étude2 , la Commission européenne indique que sa mise en œuvre est 20 fois moins coûteuse pour les Etats que l’inaction. Selon les mêmes sources, une NEC ambitieuse ferait baisser de moitié, en 2030, le nombre de décès prématurés constatés chaque année en Europe.



Le secteur agricole a un rôle à jouer

Les ministres européens de l’environnement, dont Ségolène Royal, devront ensuite se prononcer sur le sort de certains polluants jugés difficiles à réduire : l’ammoniac et le méthane. Ce sont les deux polluants majoritairement émis par le secteur agricole. L’ammoniac provient à 93% de l’agriculture (engrais, stockage et épandage des lisiers…), tandis que le méthane provient de la digestion des animaux (28%) d’élevage et de la gestion des effluents d’élevage (13%)3.

Alors que l’agriculture joue un rôle important dans la survenue des pics de pollution printaniers, il existe néanmoins des solutions pour faire baisser durablement les émissions de méthane et d’ammoniac. Qu’il s’agisse de la mise en œuvre des principes de l’agroécologie pour réduire les intrants, de la couverture des fosses à lisier ou encore de l’ajustement de l’alimentation des animaux…

Pour Benoît Hartmann, porte-parole de France nature environnement, « la France a l’opportunité de faire de l’agriculture un vecteur d’amélioration de la qualité de l’air, au côté des transports, du résidentiel ou de l’industrie. Avec 42 000 morts prématurées par an, la pollution de l’air pose un problème de santé publique majeur, surtout dans les zones densément peuplées où les émissions agricoles sont aussi palpables qu’ailleurs. Le méthane et l’ammoniac doivent se trouver au cœur de la réglementation européenne sur l’air sous peine de faire entrer la France dans l’ère de la régression environnementale. »

1National Emission Ceilings
2Les calculs prennent en compte les coûts directs de mise œuvre comparés aux coûts évités par une meilleure productivité du travail, des coûts de complémentaire santé réduits, de meilleurs rendements des cultures grâce à des niveaux d’ozone abaissés, moins de dégradation des bâtiments. Voir ce document (page 18)
3Source CITEPA, 2009



France Nature Environnement est la fédération française des associations de protection de la nature et de l'environnement. C'est la porte-parole d'un mouvement de 3000 associations, regroupées au sein de 80 organisations adhérentes, présentes sur tout le territoire français, en métropole et outre-mer. Retrouvez-nous sur fne.asso.fr, Facebook et Twitter (@FNEasso).

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