Le confinement a-t-il un impact sur la biodiversité ?

Il est nécessaire de disposer de données scientifiques et notamment naturalistes pour pouvoir attester de ce lien. Il ne faut pas tirer de conclusions trop hâtives sous couvert d’« impressions ».

Or, en cette période de crise sanitaire les inventaires naturalistes sont également « confinés » car seuls ceux relevant d’activités économiques peuvent entraîner des dérogations au confinement. De nombreux bénévoles ne pourront ainsi pas prendre part aux inventaires. Les données récoltées pendant cette période seront certainement moindre, dès lors il sera difficile de les comparer avec des données antérieures : année N-1, N-2...

De nombreux programmes de sciences participatives proposent des inventaires depuis son « chez soi ». Cependant, ces données ne seront agrégées que plus tard et donc disponibles ultérieurement. Les participants n’ont par ailleurs pas de visibilité sur l’ensemble des contributions ne permettant d’avoir de vision « globale » immédiate.

 

 

Davantage d’observations

Un premier constat peut être fait depuis le confinement : la baisse de l’activité humaine engendre moins de pollution sonore, ce qui permet d’entendre davantage les sons de la nature en particulier les chants d’oiseaux. Chacun peut s’en rendre compte. Mais les oiseaux ne chantent pas davantage et ne sont pas nécessairement plus nombreux !

 

En outre, cette période de confinement coïncide avec le début de la saison de reproduction de nombreuses espèces impliquant de fait une plus grande activité indépendante de l’effet « confinement ».

Le printemps précoce peut également biaiser certaines observations : il est possible de constater davantage d’insectes mais cela est indépendant de la période de confinement car directement lié aux températures plus clémentes.

 

La baisse de l'activité humaine joue très certainement un rôle dans le fait que la faune est plus facilement observable car moins dérangée. Mais pour que la « nature reprenne ses droits », il faudra plus de temps et surtout que cette situation de « calme » retrouvée perdure.

Ailleurs, le retour de la nature a été constaté : le retour des poissons dans les canaux de Venise en est un exemple.

 

 

Une baisse du trafic aux conséquences positives

Un fait qui pourra être constaté très rapidement est la baisse du nombre de collisions avec la faune sauvage en lien avec la très forte diminution de la circulation routière. Mais une question se pose : est-ce que le nombre de collisions post-confinement ne sera pas d’autant plus important que la faune se déplacera avec moins de « crainte » ?

 

La baisse du trafic routier a permis d’améliorer la qualité de l’air. Atmo Auvergne-Rhône-Alpes a entregistré une très nette diminution des concentrations d’oxydes d’azotes, principalement émis par les transports et ce jusqu’à -70 % certains jours en milieu urbain. Cette amélioration de la qualité de l’air a des impacts bénéfiques sur la faune et la flore.

Par ailleurs, l’arrêt du trafic aérien permet d’apprécier un ciel sans traînées d’avions, moins laiteux et particulèrement bleu.

 

 

Des améliorations à apporter

Pendant cette période, nous aurions pu penser que les communes réduiraient l'éclairage public, or il n’en est rien : la pollution lumineuse est toujours aussi présente engendrant des conséquences sur la faune, la flore, mais aussi la santé humaine ainsi que sur le plan économique.

 

Certaines collectivités ont entrepris le nettoyage des rues au moyen de substances biocides, comme l’eau de javel, qui s’avèrent inutiles, le coronavirus ne survivant pas à l’air libre. En revanche, les conséquences sur les milieux et la biodiversité aquatiques sont relativement graves. Le Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP) conseille de ne pas mettre en œuvre une politique de nettoyage spécifique ou de désinfection de la voirie mais préconise de la nettoyer comme à l’accoutumée. En revanche, le HCSP recommande la désinfection plus fréquente du mobilier urbain.

 

 

Pour conclure

Cette crise sanitaire doit vraiment nous amener à réfléchir sur l’après Covid-19 en particulier sur le plan environnemental. Si cette période de confinement peut avoir un côté positif sur la biodiversité, il ne faut pas pour autant occulter la crise écologique que nous traversons actuellement, en particulier le manque d'eau qui va certainement nous ramener à la réalité dans les mois à venir du fait du manque de réserves (manque de neige, pluies insuffisantes...).

A cela s’ajoute l'inquiétude grandissante face à la période de déconfinement à venir : si la reprise économique se fait au détriment de l’environnement, les répercussions environnementales seront catastrophiques.

 

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