Les OGM : entre progrès et danger, que décider ? - Position de la FRANE

La transgénèse est l’outil qui permet de produire des OGM. C’est une technique qui permet de modifier des espèces en intervenant sur leur patrimoine génétique. Elle permet de plus de produire des substances utilisables dans divers domaines, par exemple possédant des propriétés thérapeutiques. Dans la mesure où de telles manipulations génétiques concernent des êtres vivants, il est parfaitement normal qu’elles suscitent des inquiétudes dans la population. On rappellera que les cultures d’OGM occupaient en 2002 dans le monde une surface de près de 60 millions d’hectares et qu’elles augmentent de plus de 10% par an.

 

Cependant, la technique permettant d’obtenir des organismes génétiquement modifiés (OGM) est loin d’être parfaitement maîtrisée et de nombreuses inconnues subsistent concernant les risques directs et indirects sur l’environnement et la santé que peut comporter à moyen et long terme leur dissémination dans la nature. La recherche dans ce domaine doit être poursuivie dans des conditions rigoureuses sur lesquelles nous reviendrons plus loin. Ici, comme ailleurs, le principe de précaution doit s’appliquer.

 

 

Les raisons invoquées

 

La recherche sur les OGM concerne divers domaines d’application. De l’agriculture à la médecine, en passant par l’alimentation et l’industrie, les OGM semblent vouloir s’imposer comme un des outils de demain. Leurs partisans invoquent à ce titre l’intérêt de générer des végétaux plus résistants aux attaques parasitaires, de créer des organismes capables de synthétiser des molécules thérapeutiques, de concevoir des matériaux moins polluants ou enfin de produire des aliments d’une qualité nutritionnelle supérieure. Toutes ces voies de recherche sont intéressantes mais peuvent toujours être explorées sans recourir aux OGM, surtout concernant les perspectives agricoles…

 

Les risques

 

Les risques liés aux OGM apparaissent nombreux et insuffisamment évalués sur le plan environnemental et sanitaire. Nous entrevoyons d’ores et déjà l’augmentation de l’intensification des pratiques agricoles, et donc des impacts environnementaux de l’agriculture. Les risques concernant la santé humaine sont largement pressentis et exigent que nous fassions preuve de plus de prudence et de discernement.

Nous sommes également déjà confrontés aux limites d’un système basé sur la “maîtrise” du vivant et des processus naturels (pollutions génétiques, actions juridiques…).

 

L’utilité

 

Les OGM ne seront pas la panacée et se heurteront aux mêmes phénomènes de résistance des parasites que les autres techniques. Comme dans les domaines chimique et pharmaceutique, il faudra sans cesse créer de nouveaux OGM. Or, il existe beaucoup de possibilités pour réussir des cultures, dépolluer des sols ou fabriquer des médicaments sans faire appel à aucune manipulation génétique. Il est impensable d’en privilégier certaines au détriment d’autres moins coûteuses et moins risquées. Il est surtout nécessaire de s’attaquer aux causes plutôt qu’aux symptômes : moins polluer plutôt que dépolluer…

Tous les efforts de recherche pour les OGM seront opérés au détriment d’autres voies, notamment la recherche concernant des pratiques agricoles respectueuses de l’environnement. Cela n’encourage aucunement les efforts consentis par certains agriculteurs et va à l’encontre du principe de développement durable.

 

Le contexte

 

Le contexte de la mise en place des OGM s’avère plus que contestable. La transparence ne semble pas de mise ; les intérêts financiers prévalent sur le bon sens. Sur le plan socioéconomique, leur utilisation constitue une menace sérieuse. Une telle situation est inacceptable et cela conduit à l’augmentation du contrôle de l’agriculture au niveau mondial par quelques grandes firmes.

 

Il faut en effet se poser la question : «  à qui cela profite-t-il ? ». Les grandes firmes ont certes intérêt à imposer leurs nouveaux produits mais l’intérêt de la Société est tout autre. L’appropriation du vivant qui résulte des brevets déposés par ces firmes n’est moralement pas acceptable. La main mise sur le monde agricole que permettent ces brevets est également intolérable. La culture du pouvoir et de l’argent semble conduire à la culture d’OGM. Les Etats sont-ils prêts à soutenir cette logique ?

 

… en conclusion

 

La FRANE estime donc que la mise en œuvre des OGM dans l’agriculture est actuellement inutile, voire dangereuse pour l’environnement et la santé humaine. A terme, elle asservirait les agriculteurs et les laboratoires aux grandes firmes qui les produisent et risquerait de créer des désastres écologiques aujourd’hui insoupçonnables. L’ensemble de la filière agroalimentaire pourrait aussi être bouleversée. Dans l’état actuel d’avancement de la recherche, seule la  production d’OGM à visée thérapeutique et réalisées en atmosphère confinée semble acceptable.

Les multiples incertitudes qui planent sur le dossier des OGM obligent à exiger le respect du principe de précaution.

 

 

A ce titre, la FRANE appelle notamment à :

 

-          Rétablir le moratoire sur les OGM en attendant que soient réalisées des études pour évaluer leurs impacts sur l’environnement et la santé humaine, 

-          Confiner les cultures d’OGM en laboratoire et cesser dans l’immédiat toute culture en plein champ,

-          Instaurer un véritable débat de Société autour de la question des OGM,

-          Exiger plus de transparence et d’objectivité quant aux prises de position des Commission et autres structures amenées à se prononcer sur la dangerosité des OGM,

-          Mieux équilibrer les financements publics entre les OGM et les autres techniques plus classiques de sélection et de conduite de cultures (lutte biologique, ...).

 

Pour en savoir plus :

 

Une synthèse technique argumentant la position de la FRANE, est disponible à l'onglet informations ou ici : Les OGM : entre progrès et danger, que décider ? - Document de synthèse

 

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