Auprès de nos arbres.

Retrouvez un poème d'Alain Persuy membre du réseau Forêt de FNE.

 

Regardons les : aux franges du temps, immobiles ou suivant les ondulations du vent, en leurs habits de bois et de feuilles, les arbres veillent. Sveltes, ramassés, tordus ou fièrement dressés, tutoyant la terre et le ciel, les arbres tiennent. Ils sont nos charpentes et nos rêves, nos cabanes d'enfants et nos feux de cheminées, solitaires ou foules compactes...Nul espace échappe à leur interrogation, nulle terre à leur dominance paisible. Vivants, ils sont l'énergie végétale, morts ils sont encore la vie, refuges du petit peuple de plumes, de poils, et de chitine, berceau des vies modestes.

 

Les voici déshabillés par l'hiver, revêtus de mousse aux pluies têtues, ou bien toujours verts malgré le froid et les morsures du gel. Géants protecteurs des sources murmurantes et des lits de fleurs printanières, provende de fruits et de graines, les arbres écoutent, dans le vaste silence des heures qui passent.

 

Gardons nous de les épuiser dans notre quête insatiable de matière et d'énergie. Prenons garde à leur absence, craignons le vide immense laissé par leur désertion de nos paysages abîmés.

 

Les arbres sont nos pères, compagnons nécessaires de nos routes et de nos chemins, ombrages de nos étés. S'ils savent défier les siècles, pourtant les voici ça et là soumis à nos vents mauvais : qu'ils disparaissent, et nous serons alors, nus et fragiles malgré notre orgueil, brindilles dispersées aux confins du monde, à jamais orphelins de leur puissance.

 

Alain PERSUY

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